La Ville sans rue

Junji Ito - La Ville sans nom

Auteur : Junji Ito

Année de première publication au Japon : 1997

Date de sortie en France : 16 mars 2011

Nombre de tomes : 1

Éditeur japonais : Asahi Sonorama

Éditeur français : Tonkam

 

Synopsis :

Villes mystérieuses, un avion hollandais volant, une sensation d’être épié en permanence, un plan machiavélique, des pouvoir surnaturels… Bienvenue dans l’univers de Junji Ito !

Mon avis :

Il s’agit de la deuxième œuvre de Junji Ito que je lis, après Le Journal de Soichi. Cette fois-ci, pas de personnage récurrent. Les cinq histoires courtes qui composent ce recueil sont toutes indépendantes, mais présentent tout de même un lien entre elles : elles sont toutes dérangeantes. Surnommé le maître du manga d’horreur, Junji Ito excelle dans une sorte d’horreur qui n’est pas celle qui nous est la plus familière dans la culture occidentale : le dérangeant. Aucune des cinq histoires ne fait peur pendant la lecture, c’est une fois cette dernière achevée que l’on en ressent les effets : paranoïa, sentiment d’être observé, croyance à la théorie du complot…

Cependant, outre ces nobles sensations, l’univers de l’auteur se dévoile. Toutes les histoires de ce volume se passent dans des villes de campagne et tous les personnages sont aliénés, exceptés les héros. Sur ce point, Ito n’a pas tort. Les petites villes de province sont assez oppressantes, et les passants y ont rarement l’air rassurants.

La Ville sans rue

En plus de ne pas avoir de rue, il faut porter un masque pour traverser la ville !

Mention spéciale pour les deux histoires dans lesquelles le personnage principal est la ville elle-même. Dans l’histoire courte éponyme, ce n’est pas vraiment la ville qui fait peur, même si elle n’a pas de rue. Mais les masques, qui eux, sont bien flippants. Ce qui fait vraiment peur (pas « peur » dans le sens de « peur », mais plutôt dans le sens où l’auteur partage l’une de ses phobies, qui va me hanter jusqu’à la fin de mes jours (ou pas)), c’est la gamine qui est épiée en permanence. Ses parents passent leur temps à trouer les murs de sa chambre en cachette pour la surveiller. Elle pète un plomb et veut partir. Bien sûr, ses parents ne comprennent pas. Ils agissent comme s’ils n’étaient plus eux-mêmes. L’autre histoire citadine est intitulée « La Ville aux plans ». Un couple de touristes arrive dans une petite ville étrange : il y a des plans sur tous les murs, accompagnés de panneaux qui indiquent tout et n’importe quoi. Les habitants du village sont atteints d’un mal étrange : même s’ils vivent ici depuis des années, sans toutes ces indications, ils sont perdus. Dès qu’un plan est détérioré, les villageois perdent tout repère. Le charmant couple va alors devoir faire attention à ne pas offenser la ville, ou il risque d’être lui aussi atteint par la malédiction.

La Ville sans rue

Une variété rare d’œillet. Enfin une fleur qui porte bien son nom !

Je vous fais grâce des trois autres histoires qui ne sont pas aussi emblématiques (c’est le mot « ville » dans le titre qui brouille ma perception des choses, qui m’aliène en d’autres termes). Cependant, cela ne veut pas dire qu’elles sont moins bonnes, mais je ne vais pas tout raconter ici.

Au final, le surnaturel n’apparaît que très peu. En réalité, ce qui fait peur, c’est l’humanité. Seul contre tous, dans un monde hostile, telle est notre destinée (normalement, c’est à ce moment-là que vous entendez chanter Guy Marchand).

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