Alabaster

Alabaster

Auteur : Osamu Tezuka

Année de première publication au Japon : 1970

Date de sortie en France : 5 janvier 2012

Nombre de tomes : 1

Éditeur japonais : Akita Shoten

Éditeur français : FLBLB

Synopsis :

James Block est un athlète noir américain qui, dans les années 30, a remporté de nombreuses compétitions. Il s’éprend de Susan Ross, une vedette de la télévision, qu’il voit souvent. Cependant, le jour où il lui avoue ses sentiments pour elle, elle lui fait comprendre qu’elle sortait avec lui uniquement pour être vue en public avec un héros olympique, mais que jamais elle n’accepterait de partager sa vie avec un Noir. Block commence à la tabasser au milieu de la rue, mais elle s’en sort grâce aux passants qui viennent la secourir. Fou furieux, il poursuit sa dulcinée en voiture, et renverse un homme, ce qui lui vaut d’être emprisonné cinq ans. Pendant son incarcération, il fait la connaissance d’un savant fou qui lui raconte qu’il a inventé un appareil qui rend les êtres vivants invisibles. Sa peine purgée, James Block se rend dans le laboratoire de son compagnon de cellule pour récupérer l’appareil et l’utiliser sur lui-même, lui qui hait sa couleur de peau à cause de sa mésaventure amoureuse. L’expérience étant trop douloureuse, il abandonne à la moitié du processus et devient transparent : ses vaisseaux sanguins apparaissent à travers sa peau devenue quasi-invisible. Il se fait alors appeler Alabaster, de l’albâtre, matière transparente à laquelle il s’identifie. Il devient misanthrope et ne vit plus que pour un objectif : se venger du monde en supprimant la beauté à l’aide de son rayon d’invisibilité.

Mon avis :

C’est un énorme volume de 500 pages. Et j’ai réussi à le lire en une soirée. Encore une excellente œuvre de Tezuka. Je suis à chaque fois étonné par la qualité de ses mangas et la maturité de ses scénarios. L’auteur nous offre cette fois-ci une histoire de vengeance dont le point de départ est le racisme. Finies les accusations de racisme chez Tezuka, le James Block du début n’est pas une caricature aux grosses lèvres, et le fond de l’histoire est évidemment une critique de la discrimination et montre ce qu’elle peut engendrer dans l’esprit des victimes (avec un côté fantastique qui permet à l’auteur de s’éloigner un peu de la réalité et de se permettre d’aller plus loin dans ses délires). Osamu Tezuka sans reproches de racisme (suite à l’évolution des mœurs et l’évolution de sa réflexion personnelle) devient alors l’auteur parfait. Je n’ai pas honte de le dire, cela va faire peut-être cliché, mais oui, Tezuka mérite son statut de Dieu du manga. Je préfère un auteur qui a réalisé plusieurs œuvres courtes de qualité à un auteur qui n’a sorti qu’une seule œuvre longue, aussi excellente qu’elle soit (Gosho Aoyama ne compte pas, c’est le top du top).

Le dessin est très bon. C’est du Tezuka classique, on aime ou on n’aime pas. J’ai de la chance, j’aime son trait et je trouve son dessin dynamique. Le manga n’est composé que de dix chapitres, mais tous ne sont pas égaux en longueur. Les premiers chapitres sont des histoires indépendantes mais possédant tout de même une continuité chronologique. Puis, à partir du chapitre 5, cela devient feuilletonnant. Alabaster décide d’enlever et d’élever la petite-fille du savant fou, qui est totalement invisible (son grand-père est allé en prison parce qu’il a tué malencontreusement sa mère enceinte d’elle en testant son invention, ce qui l’a rendue invisible). Cette petite fille, qui doit se poudrer l’intégralité du corps pour vivre en société, devient alors la reine du royaume d’Alabaster, qui recrute également des jeunes délinquants pour en faire ses sbires. Son plan démoniaque ? Supprimer la beauté sur la planète, et faire de la laideur la nouvelle norme. Comme le rayon d’invisibilité agit sur l’ADN des cibles et rend ce caractère héréditaire, ce projet n’est pas impossible. Cependant, c’est sans compter sur l’apparition d’un agent du FBI imbu de lui-même et sur le frère adoptif de la jeune femme (qui a grandi depuis), qui vont tout faire pour l’arrêter.

Ce que j’aime chez Tezuka, c’est qu’il fait partie de ces auteurs qui ne centrent pas toujours la narration sur les « gentils ». Le héros du manga est Alabaster, un personnage qui pourrait sans difficulté être le grand méchant d’un James Bond. De plus, l’auteur va assez loin dans la psychologie des personnages. C’est quelque chose que j’apprécie, j’ai beaucoup de mal avec les œuvres qui ne présentent les personnalités que d’une façon superficielle. Osamu Tezuka sait le faire, et il n’a pas peur de représenter la laideur.

L’édition de FLBLB est très belle. C’est un très beau volume, qui me donne envie d’aller voir les autres mangas qu’ils ont publiés. D’ailleurs, Jeanphi va bientôt m’offrir une autre œuvre de Tezuka qu’ils ont éditée, l’Homme qui aimait les fesses, j’ai tellement hâte !

Pour conclure, je dirai qu’il s’agit d’un excellent manga. Si le style graphique de Tezuka ne vous dérange pas et si vous aimez les histoires un peu sombres, foncez !

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